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GLIDECAM V-25 REVIEW - LE SLED
Ayant à supporter sa camé ra, le sled est souvent considéré comme la partie la plus noble de l'ensemble du système de stabilisation et c'est pour cela que les Canadiens l'ont anobli au titre de "traîneau". Personne ne l'appelle luge, traduction littérale de sled, si ce ne sont les Anglais, qui aiment parler au féminin des choses qu'ils adorent, tels les bateaux. Et c'est pour ça que la francophonie a gardé l'anglicisme sled tout en se gardant bien d'utiliser le genre féminin.
Tout noble qu'il soit, un sled n'est guère autre chose qu'un bâton de majorette : d'un côté, un poids, la caméra, de l'autre côté, un autre poids, les batteries et le moniteur. Une main vient agiter le bâton à peu près en son milieu. A cet endroit se trouve un cardan (gimbal) le plus fluide possible. Ne reste plus qu'à faire virevolter le bâton dans tous les sens de la manière la plus élégante qui soit, sans le faire tomber.
Le coeur du système est donc bel et bien le cardan. Cette pièce est d'autant plus importante pour l'opérateur passionné qu'il est presque impossible de décrire un bon cardan sans tomber dans le dithyrambique. Le toucher de la main gauche est tellement important que certains diront que le strillage du manchon est trop ou pas assez rugueux. On peut toujours le recouvrir de wrap de raquette de tennis (le vendeur de mon GoSport traduit ce mot en français par grip ; c'est peut-être la raison pour laquelle il ne travaille pas chez Décathlon). La sensation du toucher de la main droite sur la poignée est peut-être moins importante, mais certains amateurs apprécieront que le manche du Glidecam V-25 soit cintré en 1/5 de cercle, extrudé à partir d'un tube parfaitement rond recouvert d'un fourreau en mousse, tout le contraire d'une poignée qui serait usinée à partir d'une plaque en aluminium qui est très froid au toucher pendant l'hiver.
La colonne centrale du Glidecam est télescopique, la longueur totale du sled pouvant varier de 52 à 82 cm. Les deux tubes sont gradués, le tube extérieur pour permettre de repérer la position du cardan, le tube intérieur pour repérer sa propre position par rapport au premier. A remarquer que lorsqu'on règle la colonne centrale en hauteur, la partie haute et la partie basse peuvent ne plus rester parallèles. Glidecam a dû juger que le système de guide présent sur le sled du Glidecam Gold était soit trop lourd, soit trop cher pour être incorporé au V-25. A la place, ils ont percé un petit trou en bas de la colonne extérieure avec un repère à côté. Grâce à un autre repère figurant le long de la colonne intérieure, il est possible d'aligner parfaitement les deux, en tout cas sur le papier. Malheureusement, ce n'est pas le cas sur le sled que j'ai reçu et je suis obligé de placer le repère intérieur d'un côté du trou, à à peu près un millimètre du repère d'alignement, ce qui me permet de régler l'alignement avec précision. Ce petit défaut à depuis été corigé par Glidecam. Un petit détail qui en dit long : si tout le système est anodisé en noir mat, la colonne intérieure est anodisée en noir brillant. De ce fait, elle coulisse comme dans du beurre.
Bien qu'il soit télescopique, le sled n'est pas démontable. Il n'est pas possible d'enlever ni le haut, ni le bas, ni le cardan sans avoir à recourir à un chirurgical déssoudage du câblage électrique. Ceci est dû en parti au fait que Glidecam a gardé le même diamètre de colonne que les V-16/20, soit 1,25" (31,2 mm) et que les prises Lémo, qui permettent la déconnection d'autant de fils, sont trop larges pour être incorporées dans un tube de ce diamètre. La détermination préalable du diamètre de la colonne n'est pas un effet de mode mais issue d'un calcul prenant en compte le poids maximal que doit supporter le système. Plus le poids est grand, plus le diamètre peut être élevé, ou plutôt, est contraint d'être élevé. Le diamètre standard pour les stabilisateurs classiques supportant des caméras 35 mm est 1,5", voir plus. Mais le V-25 n'est pas prévu pour de telles charges et une colonne de ce diamètre serait non seulement trop lourde (le cardan étant plus grand, lui aussi) mais surtout trop épaisse et donc les doigts de la main gauche risqueraient de perturber la stabilité en contractant des petits mouvements qui seraient trop facilement transmis au sled. Bref, le cardan, qui se démonte une ou deux fois durant la vie d'un sled ne se démonte pas facilement sur le Glidecam V-25. Dans le très rare moment où on aurait un problème avec, on a tout intérêt à se trouver du même côté de l'océan que son revendeur.
Le haut du sled comporte deux éléments : le dispositif d'accrochage et de réglage de la caméra et le boîtier servant à la connexion des cordons électriques. D'habitude, ces deux parties sont empilées l'une par dessus l'autre, piège dans lequel Glidecam n'est pas tombé. Etant le premier à proposer un stabilisateur moderne pouvant accepter des caméras légères, il a compris qu'une telle architecture aurait rallongé inutilement la longueur de sled, ou pire, diminué la course du cardan. En conséquence, le boîtier de connexion vient devant le dispositif d'accroche.
Sorti d'usine, ce boîtier est à quelques 5 centimètres devant. Il est ainsi tenu écarté, fixé par deux vis sur une sorte d'élégante barette. Le boîtier comporte aussi deux autres trous de fixation dans lesquels se trouvent deux vis de "figuration" (juste là pour boucher les trous). Deux sorties électriques sont sur le côté à droite et les trois entrées vidéo sont sur le côté à gauche. Malheureusement, sur ma DSR-500, c'est tout le contraire. Mon entrée 12 V est à l'arrière à gauche et les sorties vidéo sont sur la droite. Ainsi, le câble d'alimentation livré était trop court et le câble vidéo, ayant des prises BNC qui ne sont pas coudées, soit était trop court, soit ne passait pas bien, je ne m'en souviens plus. J'ai immédiatement réglé ce problème en retournant le boîtier de droite à gauche. Je l'ai aussi retourné de bas en haut, et j'ai pu le surélever par rapport à l'élégante barette. En utilisant les deux autres trous (en enlevant les vis de figuration), j'ai pu le rapprocher de la colonne. La clef Allen dont je me suis servi est livrée avec le V-25, ainsi que beaucoup (trop) d'autres. En plus de régler mon problème de câbles, ça a réglé deux autres petits problèmes. Dans sa position sortie d'usine, le boîtier gênait un peu l'extraction de la goupille d'aviation du berceau. Aussi, quand je filme mon chien en position mode basse (low-mode), celui-ci voyait le logo Glidecam à l'avant du boîtier à l'envers. Ce n'est plus le cas maintenant.

Croyez-moi ou pas, le Glidec am V-25 est livré avec une plaque sur laquelle on fixe la caméra. Celle-ci est anodisée en bleu. Comme sur le Gold, il est possible de poser cette plaque directement par le dessus (ce n'est pas la peine de la faire glisser par l'avant ou l'arrière). C'est extrêmement pratique. Il est nécessaire de tirer sur l'épingle de sécurité, puis de serrer le tout avec la vis moletée appropriée, à la main évidemment. L'épingle de sécurité se loge dans une fente présente sur la plaque bleue. La longueur de la fente est de 8 cm ce qui permet de faire coulisser d'autant la caméra d'avant en arrière. L'épingle de sécurité empêche la caméra de glisser lourdement jusqu'au sol pendant qu'on équilibre le sled au cas où on aurait oublié de bien serrer la vis de maintien.
Le réglage X-Y se réalise grâce à deux vis sans fin avec des poignées moletées en aluminium anodisé noir, un peu comme sur le Glidecam Gold. Le réglage avant-arrière se trouve derrière. Le réglage gauche - droite se trouve sur la gauche, un geste particulièrement attentif pour tous les gauchers que nous sommes. Quand on règle l'équ ilibre du sled sur un pied, il n'y a aucun problème, c'est même mieux que sur le Gold. Lorsqu'on veut re-régler le sled quand on l'a sur soi par contre… non il n'y a pas vraiment de problème non plus. A l'inverse du Glidecam Gold, le réglage latéral est sur le côté gauche mais n'est pas "à l'envers" : quand on visse, on avance la caméra sur le côté, donc vers la droite et quand on dévisse, on rapproche la caméra vers le côté, donc vers la gauche, mais puisque je suis droitier et que la caméra se trouve souvent sur ma gauche, c'est un peu tout le contraire. Au début on est surpris. Pour effectuer le réglage latéral il faut passer la main gauche derrière la caméra. Il faut souhaiter qu'on agisse bien sur la vis de réglage et non pas sur la vis de maintien de la caméra qui ne se trouve pas trop loin (d'où l'utilité de l'épingle de sécurité). L'avantage pour les droitiers est qu'ils n'ont pas à retirer la main droite de la poignée pour effectuer ce réglage avec la main gauche. Pour les gauchers c'est encore plus bénef, mais tout le contraire.
En bas de la colonne centrale se trouve le bras de fixation du moniteur. Sorti du carton, celui-ci peut coulisser le long de la colonne extérieure, vers le haut. Ce n'est pas plus mal, on gagne deux précieux centimètres en longueur minimale du sle d. Si le sled est rallongé, on pourrait vouloir le mettre plus bas : aucun problème. En utilisant les deux tournevis amplement décrits précédemment, on l'enlève facilement et on le place plus bas sur la colonne intérieure (inférieure, c'est la même chose, sauf en mode basse, l'écran étant placé plus bas, donc plus haut, pour mieux venir à la hauteur des yeux).
Le bras de fixation du moniteur est constitué par deux barrettes qui sont reliées et maintenues avec des vis en trois points d'articulation. Le tout est réglable en hauteur et en longueur. Il est donc possible d'écarter ou d'approcher l'écran selon son souhait. Bien que le Glidecam V-25 soit livré avec un léger écran LCD, il est aussi livré avec une plaque qui permet d'accrocher une batterie derrière celui-ci, ce qui l'alourdit en conséquence. C'est donc avec plaisir que j'ai découvert que le premier point d'articulation, le plus proche de la colonne, comporte des rosaces, ce qui permet de coincer positivement la première barrette dans un angle donné. C'est d'autant plus important que c'est à cet endroit que l'effet de levier du poids du moniteur est le plus élevé. Les deux autres articulations ne comportent pas de rosaces, mais en serrant les vis convenablement, tout reste bien en place et le moniteur ne bouge pas d'un poil, même en exerçant des mouvements violents. A priori, c'est à dire le sled sorti du carton et déballé, les vis utilisées nécessitent l'utilisation du tournevis à poignée en T 3/16". Glidecam a eu l'élégance de livrer des vis à poignée à cliquet qu'on pourrait utiliser à la place et se passer ainsi de l'utilisation d'un outil. J'ai préféré laisser les choses comme elles sont. J'aime les outils.
De l'autre côté de l'écran et en-dessous de la colonne télescopique se trouve le mécanisme de fixation des batteries. Pour obtenir un bon équilibre dynamique du sled, il est nécessaire de placer les batteries par rapport à la position de l'écran. Je n e rentrerai pas dans l'explication de ce qu'est l'équilibre dynamique, car pour cela il faut une calculatrice TI-57 ou un Palm Pilot. Par contre, ce qu'on demande à la mécanique est d'être pratique, sûre et fiable. On doit pouvoir facilement déplacer quelque chose et puis le fixer positivement en place pour qu'il ne vienne pas glisser par la suite. On veut que les vis soient accessibles, et s'il s'agit de vis bouton qu'on serre - déserre avec les doigts, qu'on puisse le faire avec les doigts et non avec une pince Leatherman. Je vous rassure tout de suite, c'est le cas du Glidecam V-25. L'articulation de la plaque qui peut accepter deux batteries comporte également des rosaces. On déserre avec les deux vis boutons sur le côté, on place les batteries dans l'inclinaison souhaitée, on resserre. On peut éloigner les batteries en désserant deux vis boutons facilement accessibles sur le bas du sled. Le tout coulisse bien et reste bien en place quand les vis sont resserrées.
Enfin, j'ai remarqué un petit détail sur le bas du sled du Glidecam V-25, tout en bas, tellement en bas qu'il faut retourner le sled pour le voir (ce qui est facile lorsqu'on est en train de l'équilibrer) et je suis surpris que Glidecam n'en parle pas du tout. Il s'agit d'un dispositif de réglage de l'équilibre dynamique semi-automatique instantané : la plate-forme qui su pporte les batteries est fixée par quatre vis traversant deux fentes. La fente permet à l'ensemble de glisser en avant ou en arrière sur 2 centimètres, ce qui est d'autant plus facile que des rondelles graphitées se trouvent autour des vis. Pour cela, on déserre les vis à la main. Les têtes de vis sont aussi fendues ; si on n'a plus de force dans les doigts on peut utiliser une pièce de monnaie.
Alors, pour régler l'équilibre dynamique, voilà le truc que j'ai trouvé : on laisse le bloc au centre de la fente. On juge au mieux si la répartition de l'écran et des batteries peut atteindre au mieux cet équilibre. On teste. Si c'est bon, c'est bon. Si c'est mauvais, on pousse d'un coté sans réfléchir et on fait coulisser la caméra instantanément de l'autre, simplement en débloquant / rebloquant la plaque bleue. On reteste. Si c'est bon, c'est bon. Si c'est pire, on repousse une dernière fois le bas dans le sens opposé jusqu'à la butée et on redéplace la caméra. Et là, cher ami, c'est la troisième et dernière fois, c'est sûr que c'est bon. Sans calculatrice TI-57, Palm ou autre feuille Excel à la c… à télécharger… l'affaire d'une minute.
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